
Marquant le 20e anniversaire depuis la chute du mur de Berlin, les Palestiniens ont démoli ce vendredi dans le village cisjordanien de Ni’lin, un pan de mur [d’Apartheid] construit par Israël.
Lors de la manifestation hebdomadaire contre le mur, qui traverse le centre du village situé dans la région de Ramallah et isole les habitants de 60% de leurs terres agricoles, quelque 300 manifestants ont méthodiquement démantelé une section en béton avant que les forces israéliennes n’ouvrent le feu.
« Alors qu’une partie du travail de démolition avait commencé, l’armée israélienne est arrivée et a commencé à tirer de grandes quantités de gaz lacrymogènes, de balles en acier et caoutchouc et même de véritables balles », a déclaré l’organisateur Ahmad Mesleh.
« Des dizaines de soldats sont entrés par la porte et poursuivent actuellement la manifestation dans le village. »
Mesleh nous apprend que les manifestants se sont d’abord rassemblés devant la clinique de Ni’lin, où ils ont préparé ce dont ils avaient besoin puis ils ont ensuite marché vers le mur.
Ils ont brûlé des pneus et abattu une dalle de béton de huit mètres de haut en s’aidant d’un verin mécanique pour voiture.
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L'Université norvégienne des sciences et de la technologie (NTNU) de Trondheim (centre-ouest), va se prononcer prochainement sur un boycottage académique d'Israël, a-t-on appris auprès de l'université mardi.
La direction examinera le 12 novembre la lettre ouverte d'une trentaine
d'universitaires qui prônent la suspension de la coopération académique et culturelle avec l’entité sioniste "jusqu'à l'obtention d'une garantie qu'il sera mis un terme à l'occupation des territoires palestiniens".
"Nous (...) estimons qu'il est temps que les institutions académiques contribuent à la pression internationale contre Israël de sorte que de vraies négociations entre Israël, les autorités démocratiques palestiniennes et la communauté internationale puissent commencer", selon ce texte.
"Les universités et autres institutions israéliennes d'enseignement supérieur ont joué un rôle-clé dans la politique d'oppression", ajoutent les universitaires.
Anne Katherine Dahl, adjointe du recteur, a indiqué qu'à la suite de cette initiative, le conseil d'administration de l'université avait décidé d'étudier une motion sur un éventuel boycottage académique.
"Le conseil d'administration a jugé légitime d'examiner la question, cela ne veut pas nécessairement dire qu'il abondera dans le sens des signataires", a déclaré Mme Dahl à l'AFP.
Le conseil est composé de 11 membres: quatre représentants de l'Etat, quatre représentants du personnel, deux autres des étudiants et un des employés temporaires.
L'initiative des signataires fait suite à des campagnes similaires lancées ces dernières années en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, suivant l'exemple du boycottage académique décrété contre l'Afrique du Sud au temps de l'apartheid.
Dans un rapport, l'organisation de défense des droits de l'homme dénonce une politique discriminatoire et pointe des inégalités criantes. Les colons israéliens en Cisjordanie consommeraient ainsi, selon Amnesty international, 20 fois plus d'eau que les Palestiniens des localités voisines.
Des Palestiniens font leurs réserves d'eau à la fontaine publique de Khan Younés, dans le sud de la bande de Gaza.
(Photo : Ibraheem Abu Mustafa)
Avec notre correspondante à Jérusalem, Catherine Monnet
Un peu partout en Cisjordanie, l'inégalité dénoncée dans le rapport d'Amnesty est visible à l'oeil nu. Les colonies israéliennes ne se reconnaissent pas seulement à leurs maisons de toits rouges bien alignées. Elles sont souvent aussi des oasis de verdure au milieu des collines arides.
D'après Amnesty, les habitants des colonies utilisent 20 fois plus d'eau que leurs voisins palestiniens qui eux, survivent avec 20 litres par jour. La plus importante nappe phréatique qui alimente Israël en eau se trouve dans les sous-sols de la Cisjordanie et depuis le début de l'occupation, en 1967, les Palestiniens ne peuvent plus creuser de puits sans autorisation des autorités israéliennes, des autorisations qu'ils n'obtiennent, en général, jamais.
Bien que cette situation soit régulièrement dénoncée par les organisations internationales, l'Etat hébreu assure que le partage de l'eau se fait de façon équitable et le porte-parole du Premier ministre qualifie les affirmations d'Amnesty « d'absurdes ».
GENEVE - Le soutien de l'Algérie au rapport Goldstone et la demande de mettre en œuvre ses recommandations "ne signifient guère qu'elle accepte que les mêmes accusations soient portées contre l'agressé", a affirmé l'ambassadeur et représentant permanent de l'Algérie auprès des nations unies et des organisations internationales en Suisse, M. Idriss Djazairi.
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L'ambassadeur qui intervenait lors de la 12ème session extraordinaire du conseil des droits de l'homme de l'ONU sur la situation des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés y compris El Qods-Est a souligné que "la dialectique du débat sur la question palestinienne et des crimes de guerre et crimes contre l'humanité perpétrés par l'armée israélienne contre le peuple palestinien nous a habitués à ce que le prix de tout débat engagé autour de ce thème est d'accepter que les mêmes accusations soient portées contre l'agressé", soulignant que dans cette approche "le perdant reste le partisan de la paix tandis que le tenant de l'extrémisme demeure le gagnant".
Et d'ajouter qu'"évidemment il n'était pas attendu que le rapport Goldstone échappe à cette approche habituelle. Aussi nous voudrions souligner avec vigueur que le soutien de l'Algérie au rapport Goldstone et sa demande de mettre en oeuvre ses recommandations ne signifient guère qu'elle accepte une telle approche".
L'Algérie joint sa voix à celles des groupes arabe, musulman et africain et du mouvement des non-alignés, a-t-il dit.
Concernant les travaux de la 12ème session extraordinaire du conseil des droits de l'Homme, l 'ambassadeur d'Algérie aux nations unies a affirmé: "nous voila enfin réunis à nouveau au conseil pour examiner la situation catastrophique des droits de l'homme en Palestine à la lumière du rapport objectif et empreint de professionnalisme du juge Richard Goldstone, sur les graves violations des droits de l'homme dans les territoires palestiniens occupés notamment celles enregistrées lors des récentes agressions militaires israéliennes contre la bande Ghaza ainsi que le rapport de madame le haut commissaire à ce propos".
"La tragédie palestinienne ne date pas d'hier", a encore souligné M. Djazairi rappelant que les "Palestiniens sont confrontés depuis plus de six décennies aux affres de l'occupation et à un déni total de leurs droits fondamentaux, dont le droit à la vie tel que cité dans le rapport et notre question à la communauté internationale est : jusqu'à quand cette situation va-t-elle durer".
Le conseil des droits de l'homme des Nations-Unies avait tenu plusieurs sessions par le passé mais sans jamais atteindre l'objectif escompté, a-t-il en outre relevé expliquant que "la cause, connue de tous au demeurant, est l'impunité des forces d'occupation israéliennes qui font fi de la légalité internationale et refusent de coopérer avec les différentes commissions d'enquêtes onusiennes". "Cet état de fait, permet à Israël de poursuivre sa politique d'occupation qui repose sur l'agression, l'embargo, les sanctions collectives, la confiscation des terres, l'expansion de la colonisation, la discrimination raciale, la dénaturation des sites religieux, historiques et géographiques d'El-Qods", a poursuivi l'ambassadeur.
Pour M. Idriss Djazairi, la politique d'occupation israélienne, est également synonyme d'interdiction aux citoyens, chrétiens ou musulmans, d'accéder à leurs lieux de culte nonobstant les fouilles menées sous et autour de la mosquée El-Aqsa.
"La force d'occupation se vante d'appartenir à la démocratie et à la civilisation, mieux encore elle invoque l'injustice, la violence, la ségrégation et la torture qu'auraient subis ses ancêtres pour conférer une légitimité à sa présence", a-t-il dit.
"Que subsistera-t-il de ces allégations lorsque ses responsables recourent à des pratiques similaires contre le peuple palestinien sans défense et assiégé qui ne dispose plus que de 22% de ses territoires, le reste ayant fait l'objet d'une spoliation systématique par l'occupant", s'est enfin interrogé M. Djazairi.
Un groupe de jeunes turcs ont encerclé, de dimanche soir jusqu'au lundi matin, le siège du consulat de l'entité sioniste, à Istanbul, pour protester contre les tentatives israéliennes d'envahir les esplanades de la mosquée sainte d'al-Aqsa.
Les jeunes turcs ont condamné l'occupation israélienne et ses pratiques inhumaines, au milieu des voix et slogans soutenant la résistance islamique. Ils ont appelé tous les musulmans de la Turquie à organiser des marches pour défendre la mosquée sainte d'al-Aqsa.
Des milliers de citoyens turcs ont manifesté, hier soir, le lundi 5/10, dans la cour de Taksim, à Istanbul, pour protester contre les crimes sionistes dans la ville occupée d'al-Qods et les tentatives des colons sionistes d'envahir la mosquée sainte d'al-Aqsa.
Les manifestants ont répété des slogans soutenant la résistance palestinienne, en levant les photos des leaders du Hamas et brûlant les drapeaux sionistes.
Le président de l'organisation des aides humanitaires turques (IHH), Bülent Yildirim, a prononcé un discours au nom des organisations de la société civile qui ont organisé la marche, en avertissant des attaques sionistes contre la mosquée sainte d'al-Aqsa, tout en condamnant les plans sionistes qui visent à démolir la mosquée sainte d'al-Aqsa pour construire le prétendu temple juif.
Yildirim a appelé les turcs à se solidariser avec les fidèles Palestiniens qui se trouvent dans la mosquée sainte d'al-Aqsa pour la protéger devant les invasions et agressions des groupes de colons sionistes sous la protection des forces occupantes.
Il a souligné qu'al-Qods et al-Aqsa appartiennent à tous les musulmans qui doivent les défendre.
Il a appelé également la direction turque à prendre une position officielle envers les attaques sionistes contre al-Aqsa, tout en appelant l'organisation de la conférence islamique à intervenir immédiatement avant la démolition de la mosquée sainte par les sionistes, et se réunir rapidement pour empêcher les sionistes d'envahir la mosquée d'al-Aqsa.
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En saluant la résistance et la patience des fidèles palestiniens à Al Aqsa |
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Le vice-président du conseil législatif palestinien, Dr. Ahmed Bahr a chargé la responsabilité religieuse, historique et politique sur les dirigeants arabes à propos des violations et agressions sionistes qui continuent de menacer la mosquée d'al Aqsa et l'exposer au grand danger. En avertissant des fouilles et creusements continuels, sous les fondations d'Al Aqsa, ainsi que les tentatives quotidiennes des extrémistes sionistes pour envahir la mosquée sainte, Bahr a accentué le ton lors d'une réunion à Gaza, le lundi 5/10, concernant le report du rapport de Goldstone, tout en appelant les dirigeants arabes à prendre des mesures sérieuses et réelles pour sauver la mosquée bénie d'Al Aqsa menacée, de façon sans précédant, par les colons extrémistes sionistes. De leur part, les organisations civiles du secteur privé à Al Qods occupée, ont appelé lors d'une conférence de presse, le lundi 5/10, à juger les responsables qui ont soutenu le report du rapport de Goldstone, en les considérant d'inculpés aux crimes de l'entité sioniste contre les enfants, femmes, et personnes âgées de la Bande de Gaza. |
Des colons israéliens fanatiques ont envahi ce dimanche l’esplanade des mosquées dans Jérusalem occupée. Escortés par la police israélienne, ces extrémistes religieux ont déclenché de violentes bagarres, et comme à l’accoutumé les Palestiniens ont subi une violente répression.
Le ministère de l’Information de l’AP a publié une déclaration qui dénonce les actions « de la police de l’occupation israélienne et des colons fanatiques » qui veulent « mettre en œuvre une nouvelle série d’actes de terrorisme d’Etat » dans la partie palestinienne de Jérusalem.
Au moins 40 personnes ont été blessées et cinq autres arrêtées dans de violents affrontements qui ont éclaté près de la mosquée dans la vieille ville ce dimanche après qu’un groupe d’Israéliens d’extrême-droite ait pénétré dans l’enceinte sous haute surveillance policière israélienne.
L’AP a appelé les médias du monde entier à exposer « le visage hideux de l’occupation israélienne qui n’a aucun respect pour les valeurs sacrées de l’islam et du christianisme [ou] pour la liberté du culte. »
Des Palestiniens ont été blessés par des coups de matraques de la police et par des tirs [à grande vitesse] de grenades lacrymogènes. Plusieurs d’entre eux ont subi de graves blessures aux yeux et la tête. Quelque 17 policiers ont également été blessés lors des affrontements, la plupart par des jets de pierre.
L’AP de Ramallah a déclaré : « Les pays du monde, le Conseil de sécurité, les organisations internationales de défense des droits humains, l’Organisation des Nations Unies, la Ligue arab, et l’organisation de la Conférence islamique [devraient] jouer leur rôle en assurant la protection de la mosquée Al-Aqsa » et a appelé « la masse des nations arabes et islamiques et tous ceux dans le monde qui aiment la justice, à protester contre ce crime et à s’y opposer par tous les moyens légitimes ».
Dans le même temps les religieux musulmans et chrétiens réagissaient avec horreur à la violence de la journée.
Mahmoud Al-Habbas, ministre du culte [Waqf] à l’AP, a dénoncé ce qu’il qualifie d’invasion. « L’Autorité palestinienne et le gouvernement voie avec colère ce crime comme dangereux, car il survient « parmi toute une série d’agressions israéliennes incessantes à l’encontre des Palestiniens. »
Il a ajouté que les auteurs de l’agression devaient être déférés devant la justice internationale.
L’archevêque Atallah Hanna, l’un des plus hauts membres du clergé chrétien de Jérusalem, a déclaré que la violence de dimanche était un avant-goût des plans d’Israël pour la ville, réaffirmant « la solidarité des chrétiens palestiniens de Jérusalem et de l’ensemble de la Terre Sainte avec leurs camarades, les Musulmans ».
« Nous, Palestiniens chrétiens et habitants de Jérusalem, ne pouvons pas continuer à regarder les bras croisés face à ce qui s’est passé aujourd’hui », a expliqué M. Hanna. « Aujourd’hui, c’est Al-Aqsa, demain ce sera l’Eglise du Saint-Sépulcre. » « L’occupation [israélienne] et son racisme n’épargnent personne ».
Les dirigeants politiques palestiniens ainsi que les organisations étaient également en colère.
Le Hamas a exhorté l’Autorité palestinienne à cesser immédiatement les pourparlers avec Israël pour protester contre la violence, tandis que le leader du Mouvement Mushir Al-Masri a déclaré lors d’une manifestation dans la ville de Gaza que les affrontements étaient « le fruit de la réunion tripartite qui s’est tenue à Washington. »
Dans Younis Khan, le dirigeant du Hamas, Saleh Ar-Raqab a exhorté les États arabes à rompre leurs relations économiques et politiques avec Israël, exigeant la solidarité avec les Palestiniens. Il a également exhorté l’Autorité palestinienne à mettre fin aux négociations et à la coordination avec Israël.
Le négociateur en chef de l’Organisation de Libération de la Palestine, Saeb Erakat, a condamné ce qu’il qualifie de violence israélienne contre les fidèles. « Cette attaque contre des civils et des fidèles à Al-Aqsa est inacceptable ».
Il a aussi déclaré que les colons israéliens étaient « déterminés à détruire Jérusalem qui était autrefois une ville ouverte et multiculturelle, et le foyer de trois grandes religions monothéistes dans le monde ... les actions d’Israël sont illégales et ne visent qu’à faire de Jérusalem une ‘ville-unifiée’ pour les seuls colons israéliens, alors qu’Israël continue de prendre pour cible les chrétiens de la ville et la population musulmane. »
« Fournir une escorte de police aux colons qui sont à n’importe quel prix contre la paix, et dont la présence est délibérément permise afin de provoquer une réaction, ne sont pas les actions de quelqu’un qui veut la paix, mais de quelqu’un qui ira jusqu’au bout pour faire échouer toutes les espoirs de paix », a-t-il encore dit. « Israël doit cesser toute action qui ne fera qu’envenimer la situation »
Considéré par les Musulmans comme le lieu où le prophète Mohammad est monté au ciel lors de son Voyage nocturne, Al-Aqsa est le troisième lieu saint de l’Islam. Le complexe avec le dôme doré du Rocher est aussi un point central de la fierté nationale palestinienne.
Il siège également au sommet de ce que les Israéliens appellent le mont du temple, où [selon la mythologie sioniste] le premier et deuxième temple juifs auraient été construits. L’emplacement est particulièrement sensible parce que des fanatiques religieux juifs veulent la démolition de la mosquée d’Al Aqsa, afin de construire le « troisième temple ».
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La captive libérée, Sabrine Abou Omara, 26 ans, a affirmé au centre d'étude des captifs que les captives palestiniennes vivent des conditions très difficiles durant le mois béni de Ramadan dans la prison sioniste de Hacharon, en soulignant qu'il existe une tension entre les captives et la direction après la détérioration grave des situations dans cette prison. Dans ses déclarations au centre d'étude des captifs, dont le centre palestinien d'information a reçu une copie, Abou Omara a ajouté, le dimanche 30/8, que la situation est devenue très pénible, durant le mois de Ramadhan, après la décision sioniste d'interdire les visites à trois captives de la Bande de Gaza. Elle a affirmé l'existence de violations contre les captives palestiniennes dans la prison de Hacharon, sur tous les niveaux, où elles souffrent péniblement à cause des conditions inhumaines très dures, ainsi que des négligences médicales et des fouilles continuelles, de façon hasardeuse, dans les chambres des captives. On note que la captive libérée, Sabrine Abou Omara, a passé plus de 6 ans dans les prisons sionistes avant sa libération, la semaine dernière, de la prison de Hacharon |
Un ex-commandant de l’armée israélienne a déclaré à la BBC que des jeunes Palestiniens subissaient régulièrement des mauvais traitements de la part des soldats israéliens durant leur détention," écrit Katya Adler, de la BBC, depuis Jérusalem et la Cisjordanie.
Vous prenez l’enfant, vous lui bandez les yeux, vous lui mettez les menottes, il tremble vraiment... quelquefois, vous lui attachez les jambes aussi. Ca peut parfois lui couper la circulation.
« Il ne comprend pas un mot de ce qui se passe autour de lui. Il ne sait pas ce que vous allez faire de lui. Il sait juste que nous sommes des soldats, avec des fusils. Que nous tuons les gens. Peut-être que les gosses pensent alors que nous allons les tuer.
« Très souvent, ils font pipi dans leurs pantalons, simplement en se tenant là, ils pissent dans leurs pantalons, en pleurant. Mais habituellement, ils restent très calmes. »
Eran Efrati est un ancien commandant de l’armée israélienne. Il a servi en Cisjordanie occupée.
Dans un parc discret de Jérusalem, nous nous sommes rencontrés pour discuter des allégations portées contre les soldats, comme lui, qui auraient fréquemment maltraité des mineurs palestiniens, soupçonnés de leur avoir jeté des pierres.
Mr Efrati - qui a quitté l’armée il y a cinq mois - me dit que ces allégations sont vraies :
« Je n’ai jamais arrêté un jeune de moins de 9 ou 10 ans, à 14, 13, ou 11 ans, pour moi ce sont encore des gosses. Pourtant, ils sont arrêtés comme des adultes.
« Chaque soldat qui est allé dans les territoires occupés peut vous raconter la même histoire. Les premiers mois après que j’ai quitté l’armée, je rêvais tout le temps de ces gosses. Des enfants juifs. Des enfants arabes. Qui poussaient des hurlements.
« Peut-être [que l’enfant a] les yeux bandés pour qu’il ne voit pas la base et la façon dont nous agissons... mais je crois que si nous lui mettons un bandeau c’est sans doute parce que nous ne voulons pas voir ses yeux. Vous ne voulez pas qu’il vous regarde - vous savez, qu’il nous demande d’arrêter, ou qu’il pleure devant nous. C’est beaucoup plus facile si nous ne voyons pas ses yeux.
« Quand l’enfant est arrivé à la base, ça je ne l’ai pas fait, mais personne ne pense à lui comme à un enfant ; vous savez, s’il y a quelqu’un avec un bandeau sur les yeux et les menottes, c’est qu’il a probablement fait quelque chose de vraiment mal. Alors pas de problème pour le gifler, pas de problème pour lui cracher dessus, pas de problème pour lui balancer parfois des coups de pieds. Ca n’a pas vraiment d’importance. »
Les jeunes Palestiniens sont la plupart du temps arrêtés pour des jets de pierres sur les colons juifs ou les soldats israéliens.
C’est, disent-ils, leur seul moyen pour évacuer leur colère contre l’occupation militaire par Israël de leur terre, la Cisjordanie.
Chaque semaine, dans le village de Bil’in en Cisjordanie, une manifestation est organisée par des Palestiniens contre le mur d’Israël en Cisjordanie.
Israël dit que ce mur est nécessaire pour arrêter les attaques contre ses citoyens. Les Palestiniens disent que c’est un vol de leur terre.
Des soldats israéliens surveillent la manifestation depuis l’autre côté de la barrière.
Arrestations nocturnes
Lors d’une récente manifestation, j’ai vu une bande de garçons palestiniens qui filaient entre les oliviers, ramassant des cailloux et des rochers pour les lancer sur les soldats.
Certains avaient des lance-pierres. Beaucoup portaient un foulard ou un châle [keffieh] enroulé autour de leur visage pour cacher leur identité.
Les soldats ont réagi avec des grenades lacrymogènes et des assourdissantes. Parfois, ils utilisent aussi des balles d’acier recouvertes de caoutchouc.
Souvent, après un incident comme celui-ci, les soldats israéliens lancent un raid sur un village de Cisjordanie.
Généralement, dans le milieu de la nuit. Les arrestations peuvent être brutales.
« Les visages des soldats étaient peints quand ils sont venus pour lui. C’était effrayant. Tous ces soldats pour un garçon. Ils ont placé des poids en acier sur son dos dans la jeep, ils l’ont frappé pendant tout le chemin vers la prison. Il n’a pas pu se lever pendant une semaine. »
Le fils de Mohammad Ballasi, qui a 15 ans et s’appelle aussi Mohammad, a été arrêté par les soldats israéliens pour avoir jeté des pierres.
Nous avons rencontré le père et son épouse, juste à l’extérieur de la base militaire israélienne, en Cisjordanie. Les jeunes Palestiniens sont jugés par des tribunaux militaires.
Pour les tribunaux, sont considérés comme mineurs les Palestiniens âgés de 16 ans et moins. Pour les tribunaux civils en Israël, on est mineur en dessous de 18 ans.
La première fois que les parents de Mohammed l’ont vu après son arrestation, deux semaines auparavant, c’était à son procès. Il a plaidé coupable.
« Quand vous avez été frappé comme ça, vous pouvez dénoncer votre propre mère, » dit Suad Ballasi, retenant ses larmes.
« C’est un enfant. Ses copains jouent dans le rue et lui il est menotté. Je ne pouvais m’arrêter de pleurer au tribunal. Je sentais comme si mon cœur allait exploser. »
L’Organisation des droits de l’homme pour la Défense des enfants - International (DCI (Palestine) a rédigé un rapport accusant l’armée israélienne de ce qui est décrit comme des mauvais traitements et des tortures, systématiques et institutionnalisées, contre les enfants palestiniens par les autorités israéliennes.
Gerard Horton est avocat international pour DCI. Il dit que l’histoire de Mohammad Ballasi est coutumière.
« Nous entendons ces récits encore et encore. Israël est signataire de la Convention des Nations unies contre la torture. Il est aussi signataire de la Convention des Nations unies sur les droits de l’enfant - et selon le droit international coutumier, il n’est pas permis d’infliger des mauvais traitements et des tortures, en particulier aux enfants qui sont évidemment plus vulnérables que les adultes. »
Il m’a dit qu’Israël avait arrêté 9 000 Palestiniens l’année dernière. 700 d’entre eux étaient des enfants.
Pour Mr Horton, les tribunaux militaires ont besoin de traiter les affaires rapidement.
DCI estime que le système est conçu de sorte qu’il est dans l’intérêt de l’adulte ou de l’enfant de plaider coupable.
Selon Gerard Horton, la tendance est que les Palestiniens se retrouvent plus longtemps en prison s’ils essaient de défendre leur affaire.
Mohammad Khawaja venait d’avoir 13 ans quand il a été arrêté.
« Ils m’ont tiré de mon domicile par la peau du cou. Plus je pleurais, plus ils m’étouffaient, » dit-il.
« Ma maman hurlait. Ils m’ont tiré par le ventre. Mes genoux saignaient. Ils m’ont frappé avec leurs armes et donné des coups de pieds jusqu’à leur jeep.
« Ils m’ont menotté les mains et les jambes, bandé les yeux et ils m’ont laissé là pendant 24 heures. Je croyais que j’allais mourir.
« Plus tard, les interrogateurs ont voulu me faire parler sur d’autres personnes. Je ne l’ai pas fait. Ils m’ont frappé avec des chaises en plastique. Ils m’ont dit de signer un papier écrit en hébreu. Je ne sais pas lire ni parler l’hébreu. Et parce que j’ai signé, ils m’ont mis en prison. »
L’armée israélienne nie toute allégation selon laquelle les sévices contre des jeunes Palestiniens seraient habituels, mais l’armée dit qu’elle doit se prémunir contre les enfants palestiniens impliqués dans ce qu’elle décrit comme des « actes de terrorisme ».
Les groupes pour les droits humains appellent la communauté internationale à lancer des enquêtes sur ce qu’ils appellent les violations par Israël des droits des enfants.
Les médecins de cet institut avaient extrait des organes tels que le cœur, les reins et le foie à partir des corps de ces adolescents.Les médias en « Israël » et ceux de l’Occident, comme les organisations humanitaires ou de défense des Droits de l’Homme, ont presque complètement ignoré cette affaire sans doute d’aucune importance à leurs yeux.
Sans aucune importance puisque sans doute à leurs yeux le Peuple Palestinien est une « sous race ».